« Vous êtes tous les mêmes. Vous avez soif d’éternité et dès le premier baiser vous êtes verts d’épouvante parce que vous sentez obscurément que cela ne pourra pas durer. Les serments sont vite épuisés. Alors vous vous bâtissez des maisons parce que les pierres, elles, durent ; vous faites un enfant, comme d’autres les égorgeaient autrefois, pour rester aimés. Vous misez allègrement le bonheur de cette petite recrue innocente dans ce combat douteux sur ce qu’il y a de plus fragile au monde, sur votre amour d’homme et de femme… Et cela se dissout, cela s’effrite, cela se brise tout de même comme pour ceux qui n’avaient rien juré. »
Eurydice, Acte III – Jean Anouilh